Sans vainqueurs ni vaincus.
Un fils disait à son père « Papa nous avons fini par la gagner cette guerre » Son père lui répondit « Mon fils parle plus bas et plus modestement, contente toi de dire la guerre est finie et apprécie ce temps de paix ». La réponse de ce père empreinte de lassitude et de sagesse témoigne que la fin d’une guerre n’est jamais glorieuse, que nous soyons vainqueurs ou vaincus nos affrontements ne font pas honneur à notre espèce dite humaine. Après tant de siècles de sanglantes batailles alors que de formidables avancées scientifiques ont été réalisées dans tous les domaines, il est désespérant de constater que le recours à la violence soit encore nécessaire pour résoudre nos conflits. A tant relater nos conquêtes, nos révolutions, nos victoires ou défaites nos livres d’histoire nous ont persuadés que les guerres sont inéluctables et indispensables à notre évolution. Les marchands de canons ne manquent pas d’approuver ce point de vue, ajoutant encore pour justifier leur juteux commerce que préparer la guerre est le plus sûr moyen de préserver la paix. Nous comprenons cependant que si nous ne trouvons pas des moyens plus pacifiques pour régler les conflits la prochaine guerre mondiale pourrait bien être la der des der celle qui pourrait causer des dégâts irréversibles à notre planète.
Mais pourquoi la guerre ? N’ayant sur ce sujet que de trop vagues idées j’ai posé cette question à notre ami Google, voici parmi beaucoup d’autres réponses celle que j’ai retenue. En septembre 1932 la Société des Nations consciente de la montée du fascisme a proposé à deux hommes mondialement connus: Einstein physicien et Freud l’inventeur de la psychanalyse d’écrire chacun un document qui pourrait faire entendre la voix du pacifisme et préserver la paix. Voici quelques courts extraits du texte de Freud. « C’est un principe acquit que les conflits d’intérêts entre les humains se règlent avant tout par l’usage de la violence. Il en est ainsi de tout le règne animal dont l’homme ne devrait pas s’exclure ». « La domination du plus fort, fait loi, le pouvoir des idées, est condamné à l’échec. C’est pour ainsi dire par la destruction de la vie d’autrui que l’être vivant se protège. Il n’y a aucun espoir de débarrasser les humains de leur instinct agressif ». « C’est à ce processus que nous devons le pire et le meilleur de ce que nous sommes ».
Le texte que nous propose Einstein n’est pas plus optimiste, en voici quelques extraits, « la culture n’empêche pas la guerre, l‘homme a en lui un besoin de haine et de destruction. En temps ordinaire, cette disposition existe à l’état latent et ne se manifeste qu’en période anormale ; mais elle peut s’éveiller avec une certaine facilité et dégénérer en psychose collective, c’est bien plutôt la soi-disant « intelligence » qui se trouve être la proie la plus facile à convaincre. Au sein de chaque peuple se trouve un groupe qui se compose d’individus pour qui la guerre, la fabrication et le trafic des armes ne représentent rien d’autre qu’une occasion de faire de l’argent et par la guerre assouvir leur désir de pouvoir ».
Les conclusions que ces deux savants tirent de la réalité de nos comportements sont sans équivoque. Plus de doutes, nous sommes tous contaminés par cette mystérieuse disposition qui en certaines circonstances réveille en nous des instincts de barbare. Le pire pour nous quoi qu’en pensent nos deux spécialistes, serait de croire qu’il en sera toujours ainsi, ne perdons pas espoir, ce mal qui parfois nous domine nous l’avons à présent localisé, l’extirper c’est le prochain défi que nous avons à relever pour que se poursuive ce long processus qu’est l’aventure humaine, la confrontation est déjà engagée. Le fameux précepte de Socrate « Connais toi toi-même et tu connaîtras les secrets de l’univers » prend ici toute sa signification.
Avez-vous écouté à la télé parler ce Monsieur de 93 ans Stéphane HESSEL, ancien résistant, réchappé des camps de Bukenval et de Dora. Ces dures épreuves ont fait de lui un militant acharné des Droits de l’homme il en fut le co-rédacteur en 1948. Dans un petit livre de quelques pages intitulé INDIGNEZ VOUS il nous invite à militer pour un monde sans violence. La violence écrit il tourne le dos à l’espoir il faut lui préférer l’espérance de la non-violence. Les motifs d’indignation ne manquent pas, voyez dit il l’état de la planète, l’écart toujours croissant entre les riches et les pauvres. La pire de nos attitudes est l’indifférence, en vous comportant ainsi dit il vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain la faculté d’indignation et l’engagement qui en résulte. S’indigner n’est pas seulement compatir mais crier les injustices. Il souligne que le message d’un Mandela, d’un Martin Luther King sont des exemples à dépasser les conflits. Il nous invite à croire qu’un monde sans violence est à notre portée, et nous fait part de son optimisme naturel qui le persuade que tout ce qui est souhaitable est possible. Il termine son livre par ce précepte: « Créer c’est résister, résister c’est créer »
Raymond