Gratitude
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Si vous n’avez pas de préoccupations plus urgentes essayez de vous persuader que vous n’êtes rien.
Impossible de nous imaginer dans un tel état. Que nous ne soyons pas grand-chose c’est ce qui se dit souvent aux abords des cimetières lors de bien tristes cérémonies, en de telles circonstances même ceux qui ont une grosse tête en conviennent. Lapalisse en aurait déduit que si nous ne sommes pas grand chose, c’est bien la preuve que nous sommes quelque chose, bien difficile de prétendre le contraire.
Pour ne pas être en reste Descartes et sans doute point très occupé ce jour là se surprit en train de penser et tout étonné s’écria « si je pense c’est donc que je suis ». Si Lapalisse avait été présent il n’aurait certainement pas démenti, fallait bien un philosophe pour faire une telle affirmation, jusqu’à ce jour chacun pensait sans le savoir et le monde n’allait pas plus mal, Descartes ne se doutait pas de l’embarras dans lequel sa découverte allait nous plonger, à présent nous voici avisés que penser et en être conscient nous fait passer du statut de simple existant au statut de celui qui est, l’important n’est il pas d’être ? Mais direz vous pour être faut déjà exister ! Là j’espère ne pas être le seul à n’avoir pas tout compris…
Dotés de ce nouveau statut nous voici maintenant à savoir que nous sommes pleinement responsables de nos actes et plus question de nous disculper en disant « je ne savais pas ou je n’y avais pas pensé, » ou pire encore, accuser le « créateur ». A tant le critiquer celui-là à fini par craquer et impassible attend de voir ce que livrés à nous-mêmes sommes capables de faire. Certains de nos imminents penseurs ont trouvé là une excellente occasion pour prendre la relève, hélas le paradis promis sur terre ne fut parfois que l’enfer, mais faut il pour autant désespérer ? Cette part de nous même qui EST n’est elle pas le ferment de notre devenir et de ce fait ne sommes nous pas capables de tirer des leçons du passé ?
Qui peut affirmer sans en douter que débarrassés de notre carcasse nous ne sommes pas encore quelque chose. Disparaître incognito oubliés de tous, n’effacera jamais les traces que pendant un certain temps nous avons laissées dans la réalité des choses. Que nous le voulions ou non nous voici inscrits dans la longue liste des participants à l’évolution planétaire. La mort ne signe pas notre fin, pourquoi en avoir peur, nous faisons à tout jamais parti de l’univers. A l’exemple de ce qui se passe dans la nature nous ne pouvons renaître que de ce que nous avons semé, ne soyons pas inquiets même le moindre parmi nous a mille raisons d’exprimer de la joie et de la gratitude c’est de cela que l’univers a le plus besoin.
Raymond