Le temps d’après
Avant d’aborder chacune des étapes importantes qui jalonnent nos existences nous nous persuadons que ça ira bien mieux après. Cette impatience commence tôt, jeunes écoliers nous rêvons déjà de ce temps où fini l’école nous pourrons faire nos premiers pas vers la liberté. Après pensons nous lorsque nous aurons trouvé un travail qui nous convient c’est sur ça ira beaucoup mieux, mais très vite on s’aperçoit que ce n’est qu’une illusion qui nous propulse vers l’étape suivante. Après, lorsque nous aurons trouvé notre moitié et que nous serons mariés ce sera enfin la vrai vie qui va commencer, mais voilà que déjà on se dit : après quand nous aurons fait des enfants et après quand notre maison sera construite enfin nous prendrons le temps de vivre, encore une illusion, le répit viendra alors certainement après lorsque nos enfants auront grandi et se seront casés… Et là ! Hé bien après… c’est l’âge de la retraite, et à défaut de pouvoir nous projeter vers un temps d’après qui ne nous fait plus rêver nous partons à la recherche du temps d’avant et voici que ressurgissent des souvenirs que nous pensions oubliés.
C’est alors que nous comprenons ce que nous n’avons jamais appris à l’école, qu’il n’était nul besoin d’attendre le moment d’après pour savourer l’existence. Ce n’était pas utile de se précipiter vers le futur avec autant de frénésie, la vie se charge elle-même de mettre sur notre route suffisamment d’évènements imprévus et d’obstacles à franchir. Mais nous sommes ainsi faits que le bien être nous devient insupportable si nous n’avons pas en tête quelque projet qui nous entraîne vers un autre après qui lui aussi ne sera que passager. Cette impatience du temps d’après n’a fait qu’accélérer le temps qui nous était imparti, et nous voici à dire : je n’ai pas vu le temps passer ; pire encore, naît en nous le regret de ne pas avoir su apprécier ce temps qui nous fait aujourd’hui dire : c’était bien cela le bon temps.
Faut il cependant regretter ce temps que nous n’avons pas su apprécier, mais pouvait il en être autrement ? C’est l’espoir d’une vie toujours meilleure qui nous faisait croire avant chaque étape que la vie serait mieux après. Cette espérance nous a permis de trouver l’énergie nécessaire pour tracer le chemin qui devait nous conduire au bonheur. Aujourd’hui nous comprenons que le bonheur n’est pas une destination ni un but, le bonheur est le chemin, c’est cela que nous avons maintenant compris. Forts de cette expérience et bien mieux que regretter ce temps passé qui ne repassera pas il convient de se dire : le moment est venu pour nous de vivre au présent, continuons à tracer notre route mais en prenant le temps de déguster au passage ces parcelles de bonheur qui s’offrent à chaque âge de l’existence. Ne soyons pas inquiets pour ce qu’il en sera de l’après de la prochaine étape, tous les chemins mènent quelque part, nous avons encore tellement de choses a apprendre que n’en doutons pas ! des dispositions ont du être prises pour que notre apprentissage se poursuive.
Raymond .
Commentaire de Roger
oui c'est bien vu ces concepts sur le bonheur que Raymond décrit et cette fringale du futur qui est quasiment inévitable pour tout le monde , il faut l'associer aux rêves ,et tout ça nous amène vers un temps de renoncement que finalement on accepte .
Personnellement je me force à penser que je suis plus heureux aujourd'hui que demain !! même si d'un autre côté des pensées pleines d'espoir sont présentes en même temps ….